Match du 11 mars

Une partie de Twister

Il y avait longtemps qu'on n’avait pas vu ensembles les Oranges et les Turquoises et globalement le mariage fut très bon ! Un match axé sur la blague et le gros rire sans doute, mais dans lequel se sont aussi insérées de jolies perles. Comparable à une partie de Twister, ce match que l’on croyait établit sur de bonnes bases en première période a quelque peu basculé en milieu de partie pour bien se rattraper à la finale.

Dès la première improvisation les joueuses Marie-Ève Beauchemin (Mention) et Éveline Charland (3e Étoile) s’entendent sur la construction d’une belle situation de chocs de valeurs entre occidentaux et libanais alors que François Laneuville vient rajouter à la folie de l’impro en jouant le mari, une complicité prometteuse pour le match qui s’entame. Beau clin d’œil à la seconde impro lorsque sentant qu’ils ne sont pas du tout dans le thème la joueuse Cindy Rousseau (2e Étoile) vient joliment « ploguer » le dit thème avec un fort inspiré « Ah ! Nous avions pourtant UN SI BEL AVENIR » pour tempérer l’arbitre Pinard, qui la gratifiera d’un joli sourire bien à la vue de tous… Ils sont rares les moments où l’on se permet ces clins d’œil et celui-ci, tant du côté des joueurs que du côté de l’arbitrage, a été très bien fait ! Pas trop gros, pas trop long.

C’est l’improvisation « Drame de Chasse » qui donnera le ton « Mon gag est plus gros que le tiens » aux improvisations mixtes du reste de la partie. Le duo François Laneuville - François Gagné est très payant et bien orchestré, mais les choses se gâtent rapidement lorsque les deux chasseurs se tirent mutuellement dessus et que l’impro se perd quelque part entre les deux protagonistes criant leur douleur et un orignal qui vient lécher les plaies de ceux-ci. Interventions superflues…dommage.

En comparé, les deux équipes proposent des idées bien différentes et bien exécutées. La fantaisie orangée rafraîchit alors qu’on nous propose tantôt des tableaux parlants, tantôt un homme qui attend depuis 35 ans dans le bois, tandis que les Turquoises se veulent plus réalistes, cherchant à placer le vieux père en foyer de personnes âgées ou lorsqu’une mariée fuit son mariage pour se retrouver en compagnie d’un vieil ermite.

La mixte « Derniers jours d’un condamné » dans laquelle Martin Francoeur (1ère étoile) annonce à sa femme Éveline Charland qu’il ne lui reste que quelques jours à vivre et qu’il désire les passer à jouer au twister, sera mémorable à plusieurs point de vue. L’impro vogue entre le tragique et le comique, et l’entrée de la joueuse Beauchemin vient vraisemblablement clarifier la situation mais le voisin Simon Potvin arrive pour blaguer à grand coup d’orangeade et de blagues de twister. L’impro prend une tournure très loufoque si bien que le joueur Francoeur se paie un savoureux décrochage en éclatant de rire. L’arbitre Pinard ne manquera pas de souligner le décrochage sans toutefois pénaliser le cabotinage des Oranges que le capitaine Laneuville qualifiera d’obstruction.

La troisième période sera marqué de deux très belles improvisations. La première, une comparée des Turquoises où l’équipe prend volontairement une punition d’accessoire illégal amenant sur la scène une chaise pour mieux simuler un salon de coiffure. Le trio Laneuville – Rousseau – Francoeur très typé dans les rôles de deux coiffeurs homosexuels racontant tous leurs petits ragots. Improvisation toute simple mais exécutée avec brio !

Puis cette sublime mixte où les joueurs Martin Francoeur et Marie-Andrée Leduc synchronisés entre deux prières apprennent qu’ils seront parents. Encore là, le ton est juste et l’impro sans faute…à l’exception peut-être de « l’ineptique » intervention de François Laneuville en toute fin de partie qui le fera expulser du match.

En somme, beau match, belles improvisations, mais beaucoup d’interventions inutiles.

Guillaume Cholette Janson
Joueur des Bourgognes

Mention: Marie-Eve Beauchemin
3e étoile: Eveline Charland
2e étoile: Cindy Rousseau
1ère étoile: Martin Francoeur