Match du 18 février
Ils étaient visiblement en pleine forme, ont travaillé en équipe et se sont mérité pleinement cette victoire face à des Blancs plus dissipés et moins concentrés. Le public a tout de même passé une agréable soirée ponctuée de belle folie et de performances mémorables.
Si le match a commencé plutôt lentement, la fébrilité des joueurs était palpable et il n’a fallu que quelques impros pour atteindre le niveau d’énergie souhaité pour une soirée mémorable. En première période, une improvisation à la manière de Tolkien a bien failli miner le moral des troupes… Elle avait pourtant si bien débuté avec le beau personnage d’elfe campé par Cindy Rousseau (3e étoile), mais l’ambiance fantastique s’est vite évanouie, lorsque du côté des Blancs on a vu arriver un québécois désabusé qui ne croyait à rien du conte qu’on essayait d’installer. L’arbitre Bélanger s’est fait bien plaisir en distribuant six pénalités sur cette seule impro!
C’est avec une inspiration musicale, en début de deuxième, que la folie a éclaté, du moins chez les Turquoises, alors que François Laneuville (1ère étoile) s’est offert une partie de plaisir en parodiant un matelot des forces armées canadiennes très efféminé. Le capitaine des vainqueurs s’est d’ailleurs démarqué tout au long de la partie en offrant un personnage différent à chacune de ses présences sur le jeu. Parmi ses rôles marquants, on a pu apprécier celui du vieux concierge de théâtre qui se surprend à reprendre des personnages du répertoire classique dans la comparée solo « L’étrange Monsieur Joseph ». Face à lui, Fred Gagnon a présenté une nouvelle version de l’histoire du Joseph de la Bible, plus absurde mais très sympathique.
La catégorie Défi est ressortie en troisième période, permettant à l’arbitre d’inventer une nouvelle pénalité : Conduite anti-sportive. Si elle a été beaucoup critiquée par la suite, elle n’en demeurait pas moins logique, puisqu’elle punissait les Turquoises d’avoir imposé aux Blancs de refaire une « vraie » improvisation à la fois à la manière de Tolkien et poétique, deux catégories moins bien exécutées en début de match. Plus généreux, les Blancs ont demandé à leurs adversaires de créer un film pornographique sans aucune scène sexuelle. Encore une fois, le joueur Laneuville s’est donné à fond pour diriger cette impro loufoque.
L’avant-dernière improvisation « Cœur de mère » nous a donné la chance de retrouver un personnage qu’on avait pas vu depuis très longtemps, celui de l’adorable « madame » jouée par Martin Francoeur. Une repartie sans failles, une interprétation juste et une belle générosité envers son « fils » Alexandre Gauthier ont valu à l’interprète la mention du match. Chez les Blancs, malgré un roulement de banc plutôt inégal et un manque d’énergie collectif, Richardson Zéphir (2e étoile) s’est démarqué par ses présences pertinentes et sa capacité à ramener une belle folie dans le jeu.
Un beau match, donc, mais beaucoup de pénalités et même une expulsion (Martin Bergeron) en fin de partie, ce qui, en plus de la grande différence de pointage, nous a laissé sur une bizarre impression à la sortie du Maquisart.
Eveline Charland, joueuse des Oranges
Mention: Martin Francoeur
3e étoile: Cindy Rousseau
2e étoile: Richardson Zéphir
1ère étoile: François Laneuville