Match du 21 janvier

Dans la froidure de janvier…

Il faisait froid, dimanche, au Maquisart. Froid dans la salle, froid dehors, froid dans les loges au sous-sol. Et froid sur la scène, aussi, un petit peu.

Il a fallu attendre jusqu’en deuxième période pour voir les joueurs un peu plus réchauffés, un peu plus complices et un peu plus enclins à mettre un peu de folie dans le match. Dès le début, on sentait qu’il manquait cette petite touche d’énergie qui aurait peut-être suffi pour gagner la petite assistance.

Commencer un match par une longue comparée, dans de telles circonstances, n’était probablement pas la meilleure collaboration de la part d’un baril de thèmes. Sur cette « Mauvaise vie », les Blancs ont donné dans le thème du suicide, avec un Fred Gagnon en champion de bowling qui ne peut finalement pas se donner la mort. L’intervention de Richardson Zéphir (troisième étoile) en génie de la lame de rasoir (!) surgissant du bain est venue mettre un peu de punch dans cette histoire. Les Oranges, eux, ont opté pour le péché de la gourmandise d’une religieuse, bien interprétée par la capitaine Leduc (deuxième étoile). Les joueurs Philippe Gauthier et Simon Potvin (première étoile) sont venus faire deux frères de l’Inquisition voulant soutirer des aveux et des confesses de la nonne gourmande. Ç’a fini par une balle dans le genou de la pauvre…

Les deux mixtes qui ont suivi manquaient de corps, de cohérence, d’écoute. La confusion s’installaient à mesure que les joueurs sentaient qu’il fallait donner un peu plus. Dans « L’institutrice », mettant en vedette les joueurs Éveline Charland (mention) et Alexandre Gauthier, le conflit entre les personnages était si grand qu’il en a empêché l’écriture. Dans « La démission », le duo Potvin-Levasseur a eu beaucoup de difficulté à convaincre qui que ce soit du bien-fondé de la démission de ce serveur de resto auprès de sa chef cuisinière.

Les substituts ont bien tiré leur épingle du jeu lors de ce match. Le joueur Alexandre Gauthier, qui remplace Julien Labrie expatrié vers le Bas-Saint-Laurent pour le reste de la saison, a eu de bons moments. Et du côté des Oranges, l’absence du vétéran François Gagné a été bien compensée par la fougue de Robin Tremblay. Dans son impro mixte avec le joueur Zéphir (« La table du roi »), on a eu droit à deux minutes de plaisir.

On a d’ailleurs revu ce duo dans une autre courte mixte, intitulée « Extrême urgence », dans laquelle le joueur Tremblay était en proie à une impressionnante crise d’appendicite, devant un Zéphir incarnant un docteur qui est en pause et qui finit par recevoir un scalpel en pleine poitrine.

Les impros avec catégorie imposée n’ont pas toujours donné lieu à la folie qu’on espérait. L’inspiration musicale (un magnifique tango) défendue par les joueuses Charland et Harvey a donné lieu à deux histoires superposées, créant un peu de confusion. L’impro avec changement de direction, en troisième période, a aussi manqué de souffle (ou de coups de sonnette). La « Variation » était un peu n’importe quoi. Il n’y a que la fusillade sur un seul thème qui a donné lieu à de beaux moments de folie, dont celui du joueur Alexandre Gauthier, et à au moins un jeu de mots douteux de la part du joueur Zéphir… La zapping, enfin, a été bien soutenue par les joueurs Leduc et Alexandre Gauthier.

La palme de la plus belle utilisation du thème revient aux deux équipes pour la comparée « Dans le grand monde ». Les Blancs nous ont présenté une petite fille, incarnée par la joueuse Levasseur, qui vit sa première journée à l’école. Belle présence du joueur Zéphir successivement en père, en chauffeur d’autobus et en petit ami qui aime manger de la colle. Les Oranges ont suivi avec un couple (Charland et Potvin) qui se cherche des activités mondaines, hésitant entre un mariage et des funérailles. Belle efficacité, belle écoute et belle complicité entre les deux joueurs.

Toujours en comparée, les Oranges ont aussi offert une solide performance dans « La promesse », avec les joueurs Gauthier et Charland en enfants qui promettent de se marier. La réalité vingt ans plus tard est plus dure, avec lui en prison et elle en lesbienne. Du côté des blancs, on avait une belle idée de départ avec des soldats à la guerre, une infirmière et un rendez-vous manqué.

Le manque d’investissement et d’écoute a parfois eu des conséquences fâcheuses sur quelques autres impros qui n’ont jamais levé ou qui se sont emberlificotées. On était parfois à côté du thème (« Second souffle »), dans la confusion la plus pure (« Le mystère de la chambre jaune ») ou dans l’incapacité d’embarquer dans la proposition de l’autre (« L’homme en noir »).

Le match dans son ensemble a été dominé par les Oranges, qui l’ont emporté par le compte de 12 à 5.

Martin Francoeur
Joueur des Turquoises


Mention: Eveline Charland
3e étoile: Richardson Zéphir
2e étoile: Marie-Andrée Leduc
1ère étoile: Simon Potvin