Match du 26 novembre
Ce fut une soirée particulière dimanche dernier, alors que les Turquoises rencontraient les Bourgognes pour la seconde fois dans la saison. On a eu droit à plusieurs très beaux moments d’impro, mais également à quelques échanges à oublier rapidement. Il faut dire que les couleurs très bien établies de chaque côté semblent avoir de la difficulté à se mélanger, le style très théâtral des uns et la tendance à l’absurde des autres se confrontant sans cesse. Tout de même, dans la salle le public s’est bien amusé, et beaucoup plus que l’arbitre, visiblement!
Le premier bel échange en mixte s’est révélé être « Le thé sous le chêne », où les joueurs Laneuville (1ère étoile) et Fréchette ont partagé un beau moment de vérité, tendre et émouvant. Une pénalité très discutée a un peu brisé le charme, mais on se souvient quand même de la belle interprétation des deux joueurs. L’inspiration musicale en deuxième période a également fait la joie des spectateurs, alors que le toujours solide duo Laneuville et Cholette-Janson (2e étoile) préparait une soirée dansante dans un bar. Le dynamisme des joueurs et leur belle répartie a chauffé la salle et relevé l’énergie d’un cran.
C’est en comparée que les deux équipes ont vraiment pu s’amuser et aller à fond dans leurs univers. « Le pensionnat » en est un exemple, puisque du côté des Turquoises on a joué l’arrivée d’un homme de 32 ans, peu mature et Tanguy sur les bords, dans une école pour le former à la vraie vie (impro habilement dirigée par la joueuse Rousseau, 3e étoile). Chez les Bourgognes, la recrue Lagloire-Éthier a été surprenante en jouant la sévère mère supérieure qui contrôlait des jeunes garçons en leur faisant faire d’horribles tâches ménagères, au grand plaisir des parents. Notons également la solide « Erreur judiciaire » des Bourgognes, où les joueurs Cholette-Janson et Dostie en prisonniers se rencontraient dans la douche pour une troublante séance d’intimidation. Un propos presque choquant, mais une belle présence et une magnifique complicité entre les deux improvisateurs.
Parmi les bons coups, il ne faudrait pas oublier la jolie « Révolution technologique », chantée avec justesse sur un air rétro rappelant les Classels par Guillaume Cholette-Janson, bien soutenu par Cindy Rousseau. Passons sous silence une « Éclipse » qu’on n’a pas eu le temps de voir au complet à cause d’un zapping de l’arbitre et un « Salon de thé » où l’on ne se rejoint pas, ce qui nous mène à une explosion de folie entre les deux capitaines (Laneuville-Fortin) dans « Obsession ». Un beau début d’improvisation, un dénouement survolté et un (controversé) cabotinage : voilà ce qu’on retient de cette histoire, en plus du grand plaisir qu’on a eu à la regarder!
Le match s’est terminé sur une longue improvisation à la manière de Marcel Pagnol : « Un cas désespéré ». Si les plus jeunes ont eu quelques difficultés à exécuter le style, les vétérans ont su se l’approprier avec brio. Martin Francoeur a épousé l’accent du Midi de la France à merveille, écrivant presque à lui seul tout le scénario. Ses collègues Laneuville et Rousseau sont venus l’alimenter avec efficacité, sans toutefois couper l’herbe sous le pied des deux Bourgognes en place, pour leur part plutôt sobres et prudents. Ce fut une belle leçon d’impro, qui a valu la mention du match à son principal protagoniste pour son excellent travail.
Plusieurs hauts et quelques bas, donc, dans cette rencontre. Rien de dramatique toutefois, puisque individuellement, chacun des joueurs a eu ses bons moments. Un oublié d’ailleurs, parmi les étoilés : Alexandre Dostie a fait preuve d’une belle constance tout au long de la soirée, agrémentant plusieurs impros de ses interventions pertinentes et de son univers particulier. C’est dommage de ne pas l’avoir mentionné sur place, mais le choix des étoiles étant ce qu’il est, les trois juges désignés se sont un peu fait prendre par le temps, occupés qu’ils étaient à savourer l’accent chantonné de la Provence… Ne manquaient que les cigales!
Éveline Charland, joueuse des Oranges
Mention: Martin Francoeur
3e étoile: Cindy Rousseau
2e étoile: Guillaume Cholette-Janson
1ère étoile: François Laneuville