Match du 20 janvier

Une soirée agréable

Il n’y a pas eu d’improvisations qui passeront à l’histoire lors du match de dimanche dernier. Les deux équipes nous ont plutôt offert plusieurs petits moments savoureux qui nous ont fait passer une agréable soirée. Encore une fois, les joueurs des bleus et des rouges ont utilisé astuces et efforts afin d’exprimer clairement qui ils sont : belle écriture, personnages divers, situations surprenantes et folie ont fait leurs effets.

Le premier vrai moment de folie nous a été offert par les joueurs Martin (bleu) et Laneuville (rouge) sous le thème « un amour insensé ». Ce qu’on croyait être un blind-date entre Chevalier noir et une douce jeune femme s’est plutôt transformé en un speed-fucking (gracieuseté du joueur Baillargeon) où le dit chevalier noir s’étant fait passer pour Brad Pitt sur internet avait un rendez-vous avec une femme qui se réservait pour une relation future avec le beau monsieur Pitt. Le joueur Laneuville, dans la peau de chevalier noir a même gratifié le public d’un remake d’une scène du film « La rivière du 6ième jour ». Au terme de ces six minutes, le public a offert le point à l’équipe des rouges.

Toujours dans la même période l’équipe des bleus s’est amusée et a remporté le point sur l’improvisation de quatre minutes ayant pour thème « le pensionnat ». Le joueur Fortin incarnait un jeune homme qui, à son grand désarroi, se voit envoyer dans un pensionnat de jeune fille, faute de place du côté des garçons. Très belle écriture d’équipe sur cette impro. Soulignons le travail des joueuses Martin et Levasseur qui, dès le début, ont clairement installé l’ambiance de dortoir des filles, en jouant les rôles de deux ados qui feuillette un magazine à potins. Il faudrait cependant avertir le joueur Fortin qu’il aurait intérêt à pratiquer sa voix féminine... c’était presque insultant pour nous, les femmes.

Un autre beau moment tant sur le plan de l’écriture que du « timing » a été créé par l’équipe des rouges sur le thème « à contresens ». Deux couples, un restaurant, une serveuse que l’on imagine belle, grande et mince. Peu à peu, les femmes sentent la menace... un mari bégaie, l’autre tente d’expliquer qu’il n’y peut rien, qu’il ne contrôle pas son regard. Sous le poids des reproches, les deux hommes soutiennent qu’ils n’aiment pas les grandes blondes filiformes, qu’ils préfèrent les grosses. L’impro se termine sur deux couples qui éclatent, chaque personne quittant vers le bar afin de crier son malheur à une oreille attentive. Le sifflet de l’arbitre se fait entendre quelques secondes après l’apogée cacophonique de cette histoire et les rouges repartent avec le point.

L’improvisation « un zoo dans la maison » nous a fait rigoler dès le retour de la pause. Voyant son animalerie fermée, le joueur Dostie avait rapporté chez lui plusieurs nouveaux locataires. Son colocataire, le joueur Pinard, a donc du composer avec Victor l’iguane de trois pieds, Elvis l’alligator et une grenouille volante en période de reproduction. Ce n’était pas une très grande improvisation mais la rapidité avec laquelle elle s’est jouée et l’écoute des joueurs lors de son exécution valait le quatre minutes.

Suite à une belle mixte de style dramatique offert par les joueurs Fréchette (rouge) Levasseur (bleu) et Fortin (bleu), le baril a offert au public une impro de huit minutes dont le thème était « le beau monstre ». À la lecture de la durée de l’impro, le public s’est fait entendre, content. Malheureusement, l’écriture de l’histoire fut difficile car le joueur Gauthier (bleu) a pris un personnage très intéressant d’un homme qui « colle » dans une boulangerie tout en restant poli mais qui ne collabore pas beaucoup avec le propriétaire de la dite boulangerie(joueur Baillargeon). Le personnage des bleus était drôle pour le public mais on n’aurait pas voulu être dans le gilet du joueur Baillargeon, qui a travaillé très fort jusqu’au bout pour garder le cap sur l’histoire. C’est donc un essai des bleus qui aurait été plus utile à l’histoire sur une comparée.

Le reste de la soirée fut très divertissante, le joueur Laneuville (rouge) qui dans « Le bouffon » cherche tous les tours possibles afin de faire rire le notaire pour toucher l’héritage, le joueur Pinard (rouge) qui nous montre sa souplesse et son élégance mexicaine sur une fusillade et le joueur Gauthier (bleu) qui dans un échange de cadeau reçoit un chat mort. Finalement, le dernier coup de sifflet monsieur l’arbitre Bergeron se fait entendre sur quelques notes de jazzées dans un bureau des brevets où les membres de l’équipe des bleus se disputent l’invention du Jazz.

De belles trouvailles, des histoires bien écrites et des joueurs disponibles... une belle soirée à la LIM, quoi!?

Marie-Andrée Leduc, joueuse des Verts


Mention: Guy Baillargeon
3e étoile: Alexandre Dostie
2e étoile: Hélène Martin
1ère étoile: François Laneuville