Match du 21 octobre

Solide départ pour la 25e saison!

Voilà. C’est fait. La LIM vient d’amorcer sa vingt-cinquième saison et de belle façon à part ça. En plus du déménagement très profitable et très réussi à la salle Louis-Philippe-Poisson de la Maison de la culture, les deux équipes qui ont eu l’honneur de briser la glace, dimanche, ont offert un bon spectacle. Les Bleus et les Jaunes ont démontré hors de tout doute que les recrues féminines sauront se tailler une place sans problème et que le niveau de qualité du jeu pourrait bien être haussé d’un cran cette saison.

Les Bleus, qui l’ont emporté par un pointage de 9-7, ont misé sur une complicité déjà existante entre plusieurs de leurs joueurs. Les Jaunes ont mis en valeur l’expérience des joueurs Gagné, Rousseau et Kenline, tout en laissant la place à leurs deux recrues.

Le match s’est d'ailleurs amorcé par une mixte lancée par deux recrues. Dans « La demoiselle de l’opéra », les joueuses Levasseur chez les Bleus et Ruest chez les Jaunes, ont démontré leur savoir-faire. La complicité a supplanté la normale timidité dans cette histoire où la joueuse des Bleus jouait justement une cantatrice timide de se retrouver sur scène avec le grand Gustaccio, interprété par François Gagné. Il faut saluer l’audace d’avoir ouvert le match avec deux recrues et d’avoir osé pousser quelques airs de chant dès cette première mixte, remportée par les Bleus.

Les autres recrues n’ont pas été en reste. La deuxième mixte s’est ouverte avec les deux autres filles qui foulent la patinoire de la LIM pour la première fois. Les joueuses Martin (Bleus) et Dufresne (Jaune) ont beaucoup parlé de leur maternité dans « L’amateur », sans toutefois exploiter le thème de façon convaincante. Pourtant, leur discussion était intéressante, l’intention y était et le sens de la répartie impressionne déjà.

Entre ces deux mixtes, une comparée très efficace, particulièrement chez les Jaunes, est venue nous ramener les joueurs d’expérience. Dans « Graine de courage », les Jaunes ont opté pour la demande d’un prétendant timide (Kenline) à son éventuel beau-père (Gagné). Entre les deux, la joueuse Rousseau avait concocté un personnage savoureux. On remarque déjà le travail du joueur Kenline, qui tout au long du match a exploré des façons de travailler nouvelles, des subtilités dans l’interprétation et une discrétion qui lui sied particulièrement bien. Chez les Bleus, on a eu droit à une histoire un peu décousue. Dites, les Bleus, vous n’allez pas importer à la LIM les insides de la LUITR avec vos grues et vos grutiers, j’espère?

Les catégories imposées n’ont pas été très favorables au jeu de qualité, dimanche. L’impro à la manière d’Alexandre Dumas (« L’enfant de la guerre »), quoique bien défendue par les protagonistes Fortin et Kenline, n’a pas permis d'entrer dans l’univers de l’auteur. De beaux personnages, certes, mais un peu de confusion et un retard de jeu appelé par l’arbitre Charland. Justifié, d’ailleurs. La poétique « Vendredi saint » n’avait de poétique que le thème. On a davantage retenu l’usage abusif de métaphores et de comparaisons introduites par « tel un blablabla » ou « telle une blablabla ». Quand on fait intervenir Dr Ballard et Michael Schumacher dans une poétique qui se déroule au temps de Jésus, c’est signe qu?il y avait un malaise ou une difficulté qu’on n’a pu contourner.

L’exercice de style en début de deuxième période (« La toile ») a été plus forte avec les joueurs Gauthier et Ruest. L’histoire était celle, toute simple mais efficace, d’un peintre et de son modèle féminin. Reprise à la manière d’une fable de la fontaine, d’un film de Star Trek et d’un film d’horreur, elle a permis de donner de bons moments au public. Quant à l’impro de catégorie carte blanche à l’arbitre (qui avait choisi une catégorie « Album de finissants »), elle a permis de beaux élans de folie, mais les joueurs préoccupés par les indications des personnages en ont oublié le thème (« Les amoureux de l’hôtel de ville »).

L'impro du match demeure sans doute la très belle comparée « Frères de sang », abordée sur des notes dramatiques par les deux équipes. Les Jaunes ont présenté les joueurs Kenline et Gagné, l’un visitant son frère emprisonné à sa place. Belle construction, intensité et complicité étaient au rendez-vous. Histoire solide aussi chez les Bleus, avec ces deux soldats qui partent à la guerre (Gauthier et Fortin). L’un ne reviendra pas et il demande à son compagnon d’armes de se rendre chez lui pour donner un dernier baiser à sa femme, jouée par la joueuse Martin. Le conjoint de substitution décide toutefois de prendre une place un peu plus grande, ce qui a donné une bonne histoire.

Il faut aussi noter la mixte « Toute vérité n’est pas bonne à dire » où les deux équipes nous ont plongé au coeur d'un conventum. Les joueuses Martin et Dufresne ont vu leur histoire prendre véritablement vie par l’entrée du joueur Fortin et, surtout, par la très efficace intervention du joueur Kenline, un ancien camarade de classe devenu concierge, lui qui nourrissait pourtant des ambitions d’astronaute. Ce qui a bien fait rire le joueur Fortin, lui aussi très efficace.

La soirée a aussi eu quelques moments moins réjouissants. La très rapide mixte « Le vieux chandail » a donné lieu à un refus de proposition de la part du joueur Gagné et à un propos emberlificoté dans les méandres des anachronismes avec un Aurèle Joliat qui veut vendre son chandail de hockey pour nourrir ses enfants? En fin de match, la mixte « Une mort très douce » était plutôt confuse et faisait suite à une autre difficile mixte intitulée « Délivrance ».

Soulignons la brillante performance du joueur Kenline, qui fait un retour au jeu très remarqué. Le joueur a su explorer des facettes nouvelles de son talent d’auteur et d’interprète. La première étoile s’imposait. Les interventions solides de la joueuse recrue Martin, chez les Bleus, lui a valu la deuxième étoile, pendant que la joueuse Rousseau, surtout pour ses personnages forts, recueillait la troisième. Mention au joueur Fortin, qui a su démontrer un bon leadership dans son équipe et qui a marqué le jeu par des interventions efficaces tout au long de la partie.

Un excellent début de saison dans cette salle plus que convenable pour des soirées d’impro, que les joueurs sauront s’approprier en misant sur une interprétation juste plutôt que grotesque, sur un ton qui peut parfois être intimiste et sur un jeu dépourvu des fautes qui passaient parfois inaperçues au Maquisart. À la Maison de la culture, le public voit tout, entend tout. Les éclairages étaient efficaces, la disposition de la salle était intéressante. Il faudra que les joueurs apprennent aussi à jouer un peu plus en fond de patinoire plutôt qu’à l’avant-scène, ne serait-ce que pour augmenter l’indice de bonheur des spectateurs assis sur les côtés.

La barre est haute pour l’affrontement Rouges-Verts de dimanche prochain.

Martin Francoeur, joueur des Verts

Mention: Marc-André Fortin
3e étoile: Cindy Rousseau
2e étoile: Hélène Martin
1ère étoile: Luc Kenline