Match du 2 mars

5e victoire pour les Verts

« Troubadour! Je vous ferai chevalier noir... » C’est sur ces paroles de Simon Bellerose à François Gagné que débute la première impro du spectacle. Devant la salle bondée les deux protagonistes nous amènent à travers une histoire chevaleresque plutôt absurde. Notons l’entrée de Guillaume Cholette en Roi mongol venu des steppes qui, malgré sa culture guerrière, se fait désarçonner par la verve du troubadour devenu Chevalier noir incarné par le joueur Gagné.

On poursuit avec un safari-romantique dans lequel Rémi Francoeur avoue son amour à Marie-Andrée Leduc tout en prenant des photos de rhinocéros. Malgré les scènes très imagées et un rythme plutôt rapide, les protagonistes n’arrivent toutefois pas à entrer dans une histoire cohérente. L’impro finit serrée et l’arbitre Éveline Charland appelle au comptage, les Verts l’emportent par quatre votes à peine. « Ça y est! Les Verts gagnent le match. » pronostique François Laneuville, directeur artistique de la ligue, en m’expliquant que le premier comptage d’un match va systématiquement du bord de ceux qui gagnent la partie.

L’improvisation "Café Nostalgie" par Joliane Dufresne et Marie-Ève Beauchemin vient trancher avec le rythme rapide et décousu des deux premières histoires. Elles nous amènent dans un univers de café d'artiste dans lequel Joliane veut exposer, mais où Marie-Ève refuse en invoquant plusieurs arguments pour finalement terminer en lui disant qu’elle ne l’aime tout simplement pas. Même si cette histoire est longue à démarrer la dernière minute nous montre une très belle capacité d’interprétation des deux jeunes joueuses.

Le meilleur moment de la période fut sans contredit l’improvisation menée par Cindy Rousseau et Simon Bellerose respectivement deuxième et première étoile de la partie. Très rapidement on entre dans le conflit « Signe la feuille de divorce, Normand m'attend dans le char » lance la joueuse Rousseau. « Elle est quelque part dans l’appartement, il faudrait qu’on fasse le ménage ensemble pour la retrouver, comme dans le temps... » rétorque Simon Bellerose en bouclant le conflit comme un chef. Notons l’intervention absolument savoureuse de Martin Francoeur en Normand, tanné d’attendre Cindy Rousseau dans son auto.

La période se termine avec un lendemain de one night entre Rémi Francoeur et Marie-Ève Beauchemin. « Ha c’est drôle tout aussi t’as une bague dans ton doigt ce matin » lance Marie-Ève Beauchemin l’air émèchée. « Heee, salut moi c’est Steve! » lui répond Francoeur plaçant le conflit: « Ben non! ça c’est un refus de personnage » critique François Laneuville qui lit mes notes par dessus mon épaule. « Non, c’est excellent! » lui répond Marc-André Fortin assis à ma gauche. Bref, l’improvisation me semblait très bien partie et le public semble l’avoir appréciée.

La deuxième période commence sur une improvisation poétique "Le cimetière de rêves" entre Jolène Ruest et Guillaume Cholette. « Petite vie, petite tombe » amorce Cholette en pelletant un trou. « J’ai vécu dans les larmes toute ma vie et j’ai fini par m'y noyer » affirme Jolène Ruet. Malgré un flou au niveau du conflit et du lieu, les deux protagonistes respectent la carte thème, chose qui arrive rarement avec cette catégorie. « Moi j’aurais fait un zombie » me souffle à l’oreille le joueur Marc-André Fortin, capitaine des Bleus, qui pour une fois était dans la salle par choix et non pas après s’être fait expulsé.

Une comparée de cinq minutes nous permet ensuite de toucher aux univers des deux équipes. Les Jaunes y vont d’une histoire où un jeune garçon refuse de prendre la relève de son père à l’atelier. Un rythme plutôt lent, mais ce qui accroche surtout c’est la différence entre les styles de jeux de François Gagné, Cindy Rousseau et Rémi Francoeur qui sont sur trois tons différents et n’arrivent pas à harmoniser le tout.

Pour ce qui est des verts, ils nous servent une histoires de fermeture de boutique à cause de la mondialisation. Belle tentative de flashback à un moment de l’histoire, mais on y est malheureusement pas entré à fond. L’impro se termine par un suicide de Martin Francoeur qui me fait me demander... la libéralisation des marchés contre un soulier, qui gagne?

L’improvisation "Jusqu’à ce que la mort nous sépare" par Cindy Rousseau et Simon Bellerose a été l’impro du match. Les deux joueurs en confiance pour avoir jouer ensemble dans la dernière production du Théâtre des Gens de la Place au cours des dernières semaines, assument un rythme lent et bien senti. Sans chercher à faire des blagues les deux joueurs incarnent un couple incapable de communiquer, lui écoute son hockey et elle essaie de lui dire n’importe quoi. Une situation réaliste qui aurait pu facilement être une scène de Michel Tremblay.

Un autre beau moment de la deuxième période fût l’improvisation entre Rémi Francoeur et Guillaume Cholette, "Le Caméléon". Dès le début de l’impro, Cholette enlève son chandail vert pour nous laisser découvrir sa deuxième personnalité. Francoeur sans attendre, rejoint la deuxième personnalité de Cholette en enlevant aussi son chandail. Les deux joueurs ont fait l’impro en t-shirt noir, si bien qu'on ne savait plus qui était de quelle équipe. Un vrai charme! Ce qui donne de l’eau au moulin à ceux qui croient que l’on devrait abandonner les chandails de couleurs, comme d’autres ligues l’ont déjà fait.

Le match se termine par une sévère victoire des Verts. Ce qui laisse le public un peu perplexe, lui qui croyait en un pointage un peu plus serré.

Alexandre Gauthier, joueur des Bleus


Mention: L'équipe des Verts
3e étoile: Rémi Francoeur
2e étoile: Cindy Rousseau
1ère étoile: Simon Bellerose-Veilleux