Match du 6 avril

Les Rouges affronteront les Verts en finale!

C’était salle comble à la salle Louis-Philippe-Poisson pour la deuxième demi-finale de cette vingt-cinquième saison de la LIM. Et ça faisait drôlement du bien de voir autant de monde pour apprécier un spectacle qui, ma foi, était assez relevé.

Tous les ingrédients y étaient pour faire passer une belle soirée à ce public nombreux : des équipes tissées serré, un Guy Baillargeon dangereusement en forme, la volonté de passer en finale pour avoir l’heureux privilège de rencontrer les Verts.

Le match a commencé par un échange successif de points, jusqu’à ce que la période se termine par un score de 3-3. La rivalité s’est poursuivie en première moitié de deuxième puisque les Rouges ont fait 5-3, puis ont été rattrapés 5-5 par les Bleus. Le dernier point de l’équipe du capitaine Fortin a d’ailleurs été inscrit à la suite d’un spectaculaire recomptage. Après l’impro de catégorie « Inspiration musicale » qui s’est soldée par une participation de tous les joueurs dans une joyeuse galère, les Rouges marquaient par un compte de 32-31. Au recomptage, le vent a tourné, donnant le point aux Bleus sur un compte de 38-34.

Mais c’était là le dernier point des Bleus. Les Rouges se sont sauvés avec la victoire en remportant les trois dernières impros sur des majorités dans chaque cas.

Malgré quelques difficultés d’écriture dans plusieurs impros, les joueurs des deux équipes se sont rencontrés de façon efficace. Fait plutôt rare, le moment fort du match aura non seulement été une comparée mais une dramatique de surcroît. Dans « Les enfants volés », les Bleus nous ont offert un réveillon au cours duquel un père (Alexandre Dostie, troisième étoile) était toujours inconsolable même plusieurs années après la disparition de sa fille. Une belle intensité d’interprétation au sein de l?équipe. Du côté des Rouges, la lourdeur de la situation familiale au cours de laquelle une famille tente de dissuader leur fille qui ne l’est pas vraiment de fréquenter à l’occasion son père naturel. Carolane Fréchette était solide dans ce personnage de fille tourmentée et elle était bien appuyée par les joueurs Laneuville en père, Laurendeau en mère, Baillargeon en grand-père qui préfère ne pas s’en mêler.

Du côté des mixtes, on a eu droit à un bon moment avec « Le prince heureux ». Dès le départ, les joueurs Dostie et Baillargeon instaurent un ton à cette histoire de prince qui veut savoir si Belinda, la nouvelle laitière, l’aime. On apprendra qu’elle n’est âgée que de neuf ans, gracieuseté du joueur Baillargeon (première étoile), dont les répliques aussi drôles qu’assassines se succèdent à un rythme effréné.

L’impro « à la manière du théâtre de Molière » intitulée « Le gentil petit diable » était bien partie, avec les joueurs Levasseur (mention) et Laneuville (deuxième étoile). Madame cherche à marier son fils et devinez qui arrive en Belbabine, la promise? Guy Baillargeon. Solide performance de la joueuse Levasseur, très à l?aise dans cette catégorie. La palme du plus beau personnage de cette impro revient toutefois au joueur Pinard, qui incarnait le notaire, omniprésent dans les oeuvres de Molière. On a frôlé le cabotinage, avec Belbabine qui n’avait que des gaz alors qu’elle croyait avoir crevé les eaux?

Une comparée narrative (« Les sortilèges du passé ») a donné lieu à deux belles tentatives de part et d’autre, mais du côté des Bleus, cette histoire de voyant (Dostie) s’est un peu perdue en confusion, alors que du côté des Rouges, la narration active du joueur Laneuville s’est effritée à mesure que s’écoulaient les cinq minutes de cette impro. À retenir de cette impro des Rouges, le personnage incarné par la joueuse Fréchette qui croit dur comme fer que l’enquêteur du SPCUM est un gars qui travaille pour les autobus. C’est vrai que SPCUM et STCUM, ça se ressemble?

Discrète, l’arbitre Charland a sévi en tout début de match (« Le peuple d’en haut ») pour tenter de ramener les équipes sur le droit chemin de l’écoute et de l’écriture. Elle a aussi réprimandé sans punir le côté grivois de la chantée « Panique en cuisine », mettant aux prises les joueurs Levasseur et Baillargeon, puis Laurendeau et Martin.

La joueuse Martin a d’ailleurs connu un match ponctué de nombreuses interventions en deuxième et troisième personnage, elle qu’on aurait dû voir davantage en lead. Elle a tout de même joué onze des treize impros du match.

Le moment de folie demeure cette « inspiration musicale » où des airs celtiques ont fait naviguer les rameurs des deux équipes sur des eaux tumultueuses, en quête de rencontres. On s’y perdait un peu, mais quelle énergie! Pas certain toutefois que les drakkars soient traditionnellement celtiques?

Enfin, notons que le moment qui a probablement scellé l’issue du match a été cette fusillade au cours de laquelle les Rouges ont envoyé les joueurs Laurendeau (très efficace dans « Ce soir ou jamais »), Fréchette (complètement éclatée dans son rôle de lettre A dans le mot vacances ) et Pinard, dans son sportif déluré qui s’est aménagé un « complexe sportif ». Les Bleus avaient bien fait avec Gauthier dans « Développement durable » et Martin dans « Coup de pouce » et son « Get a lave-vaisselle ». Mais le « Petit secret » du joueur Dostie est tombé à plat.

Le punch de la fin revient au joueur Baillargeon qui est venu clore une impro d’humains aux comportements animaux (« La vie sauvage ») et employé qui vient annoncer que le Biodôme fermera ses portes dans cinq minutes.

La rondelle a roulé pour les Rouges tout au long de ce match et il convient de dire que ça les a plutôt bien servis puisqu’ils ont gagné trois de leurs quatre comparées, un truc que maîtrisaient généralement assez bien les Bleus tout au long de la saison.

Ce sont donc les Rouges qui affronteront les Verts pour la grande finale. Le match promet d’être enlevant, puisqu’il s’agira vraisemblablement du dernier match des joueurs Laneuville, Baillargeon, Pinard, Cholette-Janson et Francoeur dans l’uniforme de la LIM?

Martin Francoeur, joueur des Verts

Mention: Claudia Levasseur
3e étoile: Alexandre Dostie
2e étoile: François Laneuville
1ère étoile: Guy Baillargeon