Match du 29 mars
On s’attendait à une lutte chaude et à une énergie du tonnerre pour cette deuxième demie-finale, et pourtant c’est en douceur que les Jaunes et les Verts ont débuté la partie. Ce n’était pas faute de dynamisme de la part des joueurs, mais on ne peut pas dire qu’on sentait l’ambiance qui caractérise habituellement les séries. On a eu droit à de très belles impros, par contre, et des présences très intéressantes de la part de chacun des joueurs présents. Fait particulier, d’ailleurs, pour un match de séries éliminatoires : le roulement de banc a été presque exemplaire des deux côtés.
C’est Martin Francoeur qui a été le premier à se démarquer dès le début du match, dans la comparée « La chouette ». Avec un personnage un peu arrogant à la répartie repartie très intelligente, il a tout de suite conquis le public de la salle Louis-Philippe-Poisson. D’ailleurs, on peut dire qu’il l’a gardé dans sa poche tout au long de la partie, ce public, puisqu’à pratiquement chacune de ses présences en scène, l’équipe des Verts gagnait le point! Ça ne veut pas tout dire, mais… Bref, il a mérité sa première étoile, grâce à des personnages colorés et à cette finesse d’écriture qu’on lui connaît bien. Rappelons-nous simplement son savoureux animateur de talk show français qui ne laisse pas parler son invitée dans « Le grand secret », ou son créateur de monstre dans une inspiration musicale passionnante.
Face à lui, le capitaine des Jaunes Alexandre Gauthier (2e étoile) a encore une fois bien tenu les rennes de son équipe, dirigeant les impros et construisant habilement les histoires. Pensons notamment à son sympathique Peter Pan, quoique plus près de la version de Robin Williams que de celle de Disney… Question de génération?…
La belle surprise du match a été l’énergique Alex Drouin, qui a sans doute joué sa meilleure partie de l’année. Visiblement à l’aise dans l’humour, il a pu se gâter dans la comparée solo « Un monde sans pitié », incarnant un père sans cœur avec son enfant à plusieurs étapes de sa vie. Habile calculateur ou simplement chanceux, le revirement de situation à la toute fin terminait parfaitement l’impro. Son plaisir évident à jouer, ainsi que ses interventions justes tout au long de la partie lui ont valu la troisième étoile du match.
Les cinq recrues présentes en scène dimanche ont toutes très bien joué, prouvant le bon flair qu’ont eu les capitaines de les choisir en octobre dernier. Chacun d’eux a donné un de ses meilleurs matchs à la LIM, si ce n’est le meilleur. Chez les Verts, Christophe Payeur et Xavier Huard ont démontré une belle assurance, surtout ce dernier, qu’on avait moins pu prendre sa place au long de la saison régulière. Les Jaunes ont pu compter sur la belle écriture de leur seule fille Myriam Lemieux, et de la grande générosité de Pascal Cholette-Janson.
En somme, les joueurs nous ont offert un beau spectacle, même si il manquait ce surplus d’énergie propre aux séries. Le pointage a été serré tout le long, mais tout de même, les Verts ont légèrement dominé toute la soirée. Voyons maintenant quelle sera leur stratégie face aux Bleus lors de la finale…
Eveline Charland, arbitre
3e étoile: Alex Drouin
2e étoile: Alexandre Gauthier
1ère étoile: Martin Francoeur